Canja Productions
 
 
Piratage 2.0
Wallace menait une vie paisible...
 

Piratage 2.0
...en tant que citoyen Européen...

Piratage 2.0
...oscillant entre les réalités du quotidien...

Piratage 2.0
...et les rêves...

Piratage 2.0
...que tous cultivent.

Piratage 2.0

Jusqu'à ce qu'il décide de devenir...

...partenaire de l'une des prétendue...

..."entreprises d'économie collaborative".

- Pourquoi ce projet nous tient à coeur ?

Le moteur de la révolution 2.0 est le libre partage d’informations, le libre partage de données. Seulement, les plateformes numériques des sociétés virtuelles n’ont cesse de se les accaparer et de les commercialiser, donc elles les privatisent...

Or, les organisations holacratiques ne font pas disparaître les rapports de domination, elles les automatisent via algorithmes. Il y a une dictature de la notation, de tous par tous. Incluant une certaine transparence vis-à-vis des clients, mais pas concernant les plateformes, l'e-réputation, ou l’oligarchie technocratique régulant l’organisation des réseaux.

- Pourquoi une comédie et pas un documentaire ?

"Castigat ridendo mores" vous répondrais-je ! ( Nous corrigeons les moeurs en riant. )

Aujourd'hui encore le cinéma utilise le genre comique, en vue de provoquer chez nos contemporains des prises de consciences face à des situations inacceptables. Je pense aux films comme "Les Temps modernes" et "Le dictateur", de Chaplin, le"Docteur Folamour" de Kubrick, ou encore "La vie est belle" de Roberto Benigni. Des films qui invitent au rire, même s'il est jaune, une indignation humoristique étant plus efficace qu'une dénonciation immédiate...

C'est l’ère de "l’ informatique cognitive", avec une actuelle dissémination d’objets interconnectés sur toutes surfaces : corps, habitat, espaces urbains, espaces professionnels. Une interconnection qui entraîne la traçabilité de nos gestes, eux même interprétés par des systèmes d’Intelligence Artificielle, capables de rétroagir sous la forme d’offres Hyper Individualisées.

La pression sur la décision humaine s’exerce avec des formes coercitives, particulièrement dans le travail, vis-à-vis des attaques au statut de salarié. L’industrie du numérique dénuée d’humanité transforme chaque geste, souffle, relation, en occasions de profits, cherchant à s'intégrer à chaque instant de la vie, jusqu'à se confondre avec l'ensemble de la vie.

La marchandisation croissante de la vie et l'organisation algorithmique s'étendent dans les secteurs. Un chauffeur n’est plus licencié, il est désactivé par l’algorithme. Au-delà du modèle industriel, c’est tout un modèle civilisationnel qui est attaqué et modifié de l'intérieur.

- Inspiration?

Le techno-libéralisme cherche à faire établir qu'il s’inscrit dans le cours naturel de l’histoire, comme un horizon indépassable de notre temps, sans contradiction majeure et nous laissant pour seule option : le profit abusif et inadéquat de nos ressources finies.

La Révolution 2.0 transforme profondément le travail, non pas en le supprimant, mais en changeant sa nature et son encadrement.

Elle détruit les droits et les protections, en vue de prospérer grâce aux autoentrepreneurs qui livrent des repas à vélo ou conduisent des VTC, tel les micro-travailleurs en Inde ou au Kenya qui sont payés à la tâche. Ce type de travail est rendu largement invisible, occulté par des discours emphatiques sur la "puissance des algorithmes" et l’automatisation qui relègueraient les tâches les plus pénibles aux espaces sociaux périphériques.

Il ne s’agit pas de remettre en cause le concept et l'utilité des plateformes, ni de nier le désir d’indépendance et le refus des hiérarchies illégitimes qui animent une jeunesse cherchant à fuir les organisations pyramidales.

La "start-up nation" ne pourra représenter un futur à peu près acceptable que si elle s’accompagne de droits et de protections pour les petites mains.

Ces bouleversements se déploient à vitesses inédites et contribuent à marginaliser le temps humain de la décision concertée.

Il y a un devoir de responsabilité de ne pas abandonner ces enjeux décisifs aux entrepreneurs qui ne se soucient que de leurs intérêts, ni même aux politiques qui font preuve de complicité. Face à la "silicolonisation expansive", il est urgent de mobiliser la société.

A l’opposé de l’embellissement, nous avons besoin de discours critiques, de faire remonter des contre-expertises témoignant des réalités du terrain, et de faire valoir le droit au refus de technologies lorsqu'elles bafouent l’intégrité et la dignité humaine, notamment par des actions collectives en justice.

Nous vivons dans l’une des périodes les plus avancées de l’humanité du point de vue technologique, mais nous ne pouvons pas, avec un clic de souris, soutenir le retour à la loi de la jungle, contre laquelle ont lutté plusieurs générations de nos ancêtres afin que nous puissions vivre libre, heureux et épanouis.

Nous avons besoin que la subordination aux plateformes soit requalifiée avec des droits sociaux. Le droit d'auditer les algorithmes doit être reconnu par la loi. Les usagers doivent pouvoir faire valoir leur droit inaliénable sur la maîtrise et la propriété de leurs données.

Contrer la précarisation 2.0 passe par l’appropriation sociale des éléments stratégiques et de l’intelligence artificielle : les big-data et les algorithmes. Nous avons besoin d'imposer un nouveau compromis social aux acteurs de l’économie numérique, avec la réforme de la fiscalité, afin de réussir à imposer les bénéfices cumulés par les grandes entreprises, tipe GAFAM.

Maintenant se joue soit le développement irréfrénable d’un techno-libéralisme à l’appétit insatiable entendant nous soumettre intégralement à ses logiques, soit la sauvegarde des valeurs qui nous constituent.

Du degré de mobilisation, de la capacité à maintenir le droit à décider du cours de nos destins, dépendra la nature présente et future de la civilisation.

Cette révolution se transforme en piratage, déguisé en "économie collaborative", qui trompe les consommateurs, asservit les employés, nuit aux petites et moyennes entreprises, détruit tout un système de protection sociale construit au fil des siècles, grâce au sang, à la sueur et aux larmes de générations.

On persiste à préférer l’avenir au passé. Mais le problème est moins le "chacun son choix", auquel nul n’entend renoncer, que de lutter pour que cette liberté ne rime pas avec un "chacun pour soi". Construire sa propre vie suppose qu’une réelle égalité des possibilités soit offerte à tous.

«Au milieu du deuxième millénaire, les communautés indigènes de l' Amérique ont été envahies par les Européens, qui ont utilisé des armes et des merveilles de la civilisation telles que croix, miroirs et l’alcool. Aujourd'hui, l'Europe est envahie par de entreprises de la côte ouest des États-Unis, qui vendent des facilités que l'on peut résumer en un mot: précarité. Les nouveaux Indiens, c'est nous,  face à l'invasion virtuelle que nous subissons. Nous sommes devenu une colonie numérique de l'Amérique. ».

(Allan)

 
 



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